Partager l'article ! Les haïku et les Koan Zen: Droits réservés, copyright. Y a-t-il un rapport entre la poésie japonaise et le bouddhi ...
Droits réservés, copyright.
Y a-t-il un rapport entre la poésie japonaise et le bouddhisme Zen ?
Il y a les « pour » et les « contre ». Pour ma part, je suivrai la voie du milieu, c'est-à-dire, que je pense qu’il n’y a aucun rapport avec la religion, mais la philosophie du Zen permet un état d’esprit réceptif à cet art.
Voici mon approche :
«Les poèmes japonais sont de petits textes, souvent en communions avec la nature, des moments furtifs, reflet de l'éphémère, un ressentit suggéré et partagé !
Le Zen est : « Ici et maintenant » Vivre dans l’instant présent ! Cela permet d’être ouvert, d’avoir une ouverture sur le monde et un regard sur la vie qui naturellement m’inspire pour « choper » des moments uniques, éphémères, instantanés et de les coucher sur le papier comme ils viennent…
En Occident, très peu de lecteurs de poésie ont pris conscience de l'importance du haïku en tant que voie d'éveil, ce n’est pas un Hasard si de grands Maîtres du haïku japonais comme RYOKAN était moine Zen ou BASHÖ maître Zen.
Pour Roland Barthes : « Le Koan (exercice Zen), et le haïku qui en est la branche littéraire, sont destinés à arrêter le langage pour tenter d’atteindre le Satori, de suspendre la pensée asservie au langage et rechercher une sorte d’a-langage se situant uniquement au plan d’une sensation à l’unisson avec le Monde ».
Extrait de l’article « Satori et haïku, des éclairs d’éternité » sur le site :
http://comprendrelesjaponais.blogspot.com/2010/06/satori-et-haiku-des-eclairs-deternite.html
Voici quelques: Pensées, réflexions et Koan* Zen, à travers la poésie japonaise…
Pourquoi écrire ?
Ne rien fixer par l’écrit
Noter les paroles !*
* Inspiré de Senseï OSAWA Kisaburo (1908-1991), célèbre Maître d'aïkido et disciple de SAMAKI Kôdô Roshi, le maître de DESHIMARU Roshi.
Lors d’un entretien avec Stéphane Bénédetti pour un avant- propos recueilli et à paraître dans le livre de Maître TAMURA : « Aikido, étiquette et transmission » aux éditions du Soleil Levant, Maître OSAWA répond à la question :
Pourriez-vous nous dire comment la pratique du Zen a influé sur votre pratique de l’aïkido ?
« le zen n’est pas la poursuite du satori, de l’illumination… c’est s’asseoir tout simplement, être clair et limpide
comme un miroir qui réfléchit tous les aspects du monde sans rien chercher à retenir ni à garder par devers soi. Plus pur est le miroir, moins il y a d’attachements, C’est le concept mushotoku central au zen soto. Quand le miroir n’est pas parfaitement limpide, il transforme le monde qu’il reçoit.
De même, dans notre esprit, la moindre trace d’ego s’attache au monde et cherche à s’en saisir pour le faire sien et le figer. Je cherche à pratiquer l’aïkido sans attachement, comme le miroir.
L’attachement fait naître l’esprit combatif ; or l’aïkido est une recherche de la liberté véritable, recherche qui se fait en pétrissant le corps comme un bon boulanger pétrit son pain et non une
méthode de destruction. Dans l’aïkido il y a la liberté du miroir.
Bien sûr, nous devons, s’il y a bien un miroir à polir, pratiquer l’aïkido dans ce sens, chacun aidant l’autre à sa tâche.
C’est pour cela qu’il est paradoxal de transmettre l’aïkido au moyen d’un livre, car un livre n’est pas un miroir, c’est la manifestation de l’égo qui voudrait fixer le reflet du monde.
Vous me demandez d’écrire, or on ne peut rien fixer par l’écrit !
Essayez plutôt de noter mes paroles… ».
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Je ne courre plus
Déterminé à m’arrêter
Vivre pleinement ma vie.*
Le passé n’est plus
Le futur n’est pas encore
Ici et maintenant ! *
* Inspiré par le venerable Maître Thich Nhat Hanh
Le vénérable moine zen THICH NHAT HANH est un
maître bouddhiste vietnamien. Son courage, son action, l'amour qu'il porte à son peuple ont conduit MARTIN LUTHER KING à soutenir sa candidature pour le prix Nobel de la paix en 1967. Réfugié
politique en France depuis 1972, il vit en Dordogne au " village des Pruniers ", la communauté qu'il a fondée en 1982 et où il anime des séminaires réunissant des centaines de participants venus
du monde entier. Les ouvrages de THICH NHAT HANH connaissent aujourd'hui un succès mondial.
Un enseignement riche, ces
livres sont clairs, limpides et d'une très grande pédagogie à la portée de tous. Les deux poèmes ci-dessus sont inspirés de phrases clefs sorti du
contexte de deux livres: "Il n'y a ni mort ni peur" et " Pour une métamorphose de l'esprit ", aux éditions POCKET de la Table Ronde.
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Le passé n’est plus
Le futur n’est pas encore
Donc pas de présent ! *
Vide réalisé
Il ne reste que le rien
Le sommet ultime !*
* Inspiré par Maître SOSAN* : (Seng-ts’an : ? - 606)
* L'homme : Troisième patriarche chinois. Disciple d'EKA lui-même disciple de BODHIDHARMA, et maître de Doshin. Auteur du Shin jin mei (Poème de la foi en l'esprit).
Son histoire : On ne sait rien de ce qui précède sa rencontre avec EKA. Il a alors quarante ans et souffre de la lèpre. Devient disciple d'Eka, reçoit l'ordination et guérit de sa maladie. Très vite, Eka lui transmet la robe patriarcale. Se cache pendants dix ans et doit simuler la folie pour échapper aux persécutions de l'empereur contre les bouddhistes. Donne la transmission à son disciple Doshin et meurt en kinhin* (méditation debout) sous un arbre.
Son enseignement : Il n'y a pas de dualité. Ce sont nos attachements et nos discriminations qui nous font perdre l'harmonie et la clarté naturelle
Épisodes marquants : La rencontre avec Eka le deuxième patriarche.
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Le drapeau bouge
Non c’est le vent qui bouge
Plutôt nos esprits ! *
* Inspiré du livre de Taisen DESHIMARU « La pratique du Zen ».
(Edition Spiritualités vivantes, Albin Michel).
Extrait du livre et analyse du poème :
Maître KONIN, maître du célèbre patriarche HOUEI-NENG, fit un jour cette remarque : « Le drapeau bouge ». Un de ses élèves répéta : « Oui le drapeau bouge ». Un autre dit alors : « Non le drapeau ne bouge pas, c’est le vent ».
HOUEI-NENG qui était très intelligent, remarqua : « Non, ce ne sont ni le drapeau ni le vent qui s’agitent, mais notre esprit ».
KONIN fut très frappé par cette remarque. Mais, en dernier lieu, une nonne très maligne qui se trouvait là intervint : « Ce n’est ni le drapeau, ni le vent, ni notre esprit. Vous ne pouvez pas comprendre. La conscience, elle aussi, est immobile.
Qu’est-ce ? Vous êtes tous sots. Qu’est-ce ? C’est un Koan ». Et tout le monde fut saisi, y compris le Maître.
L’illusion des sens
Des phénomènes de l’existence
Nature originelle…
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Reflet de lune
Agité sur le cours d’eau
Elle ne bouge pas.
Inspiré du livre de Maître Taisen DESHIMARU*
« Zen et arts Martiaux ». Edition Spiritualités vivantes, Albin Michel.
* Taisen DESHIMARU (1914 – 1982) disciple de maître Kodo Sawaki. Il est le fondateur d'une multitude de dojos et de groupes zen en Occident et plus particulièrement en Europe et en France où il vécut dans le 14ème arrondissement de Paris à Pernety lieu de son premier Dojo. Fondateur du Temple Zen de la Gendronnière (Association Zen Internationale ou AZI) dans la vallée de la Loire, qui devient le premier et le plus grand temple zen de toute l'Europe.
Extrait du livre et analyse du poème :
L’idée est aussi que le courant ne revient jamais en arrière, l’eau passe, passe, mais la lune ne bouge pas.
Pendant un combat, l’esprit doit être comme la lune, mais le corps et le temps passent, passent, comme le courant.
L’instant présent ne revient jamais.
Grand Koan, secret du Zen et des Arts Martiaux :
L’intuition et l’action doivent jaillir en même temps, pas de pensée dans la pratique du Budo et du Zen.
De même que le reflet de la lune sur le cours d’eau ne reste pas, alors que la lune, elle, brille et ne bouge pas.
C’est La conscience HISHIRYO.
(Penser sans penser. Au-delà de la pensée).
« Le reflet de la lune sur l’eau de la rivière ne bouge pas, ne s’écoule pas. C’est seulement l’eau qui passe ».
En Zazen, vous ne devez pas rester sur une pensée, votre pensée ne doit demeurer nulle part. Laissez passer les pensées.
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Le ciel en poussières
Terre paisible, personne ne la voit
La fleur sur l’arbre.
Du même livre que la page précédente, ce haïku est inspiré de l’enseignement de Daishi au samouraï Kikuchi et de son poème dans la neige :
« Le ciel se désintègre et se transforme en poussières, la grande terre devient paisible et personne ne peut la voir. L’arbre sec fait fleurir brusquement sa seule fleur. Appelant à nouveau un printemps au-delà de l’histoire».
Extrait du livre et analyse du poème de Daishi d’après Maître Deshimaru :
Ce poème traite de l’état du corps et de la conscience en Zazen : la substance même de Zazen s’y trouve décrite. En effet, lorsqu’on a pris cette posture, tout le cosmos tangible se métamorphose en particules microscopiques dans notre être. Et notre être lui-même… . Où est-il ?
Rien de mystérieux ou d’ésotérique en cela. Si la paix de l’esprit se créer en Zazen, dans la parfaite construction du corps, alors le monde des phénomènes devient pur comme un cristal et tout apparaît clair dans la voie. Notre conscience devient paisible, calme comme de la neige, qui vient de tomber sur un paysage ancien.
Mais nous ne devons ni nous attacher à la terre de cristal, ni au ciel vide, ni à la neige blanche ni au vide (Ku), ni aux phénomènes (Shiki)…
Nous devons abandonner tout attachement et être simplement là, concentrés en Zazen.
Ici et maintenant.
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En haut du sommet
Je suis enfin arrivé !
Mais arrivé où ?
Inspiré du livre de Maître Shunryu SUZUKI*
« Libre de soi, libre de tout ». Edition du seuil.
* Shunryu SUZUKI (1904-1971) fondateur du Zen Moutain Center en Californie, fut l’un des premiers et des plus éminents maître Zen japonais à initier les Occidentaux à la tradition du Zen Sôtô notamment aux Etats-Unis.
Extrait du livre et analyse du poème :
Il y a un célèbre Kôan dans le Shôyôroku (« le livre de la sérénité ») concernant un homme qui grimpe au sommet d’un mât de cent pieds.
S’il reste au sommet, il n’est pas l’éveillé. S’il se jette du sommet du mât, il le deviendra peut-être. Nous comprenons ce Kôan de la même façon que nous comprenons la pratique du Zen. C’est parce que nous restons au sommet du mât que nous jugeons souhaitable d’éliminer les désirs mauvais. Dès lors les problèmes surgissent !
En fait le mât n’a pas de sommet. Il se prolonge à l’infini, vous ne pouvez donc pas vous arrêter là.
Le problème ainsi posé, autant oublier complètement l’idée de s’arrêter au sommet du mât. Oublier celui-ci revient à être là où vous vous trouver en ce moment même. Ne pas adopter telle ou telle manière d’être, ne pas se projeter dans le passé ou le futur, être ici même. Vous comprenez ?
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Liberté du choix
Complexité du mental
Suivez donc la voie !
Inspiré du livre d’Arnaud DESJARDINS* « ZEN et VEDANTA » aux éditions de la table ronde, collection les petits livres de la sagesse.
* Arnaud DESJARDINS (1925-2011) est un auteur, réalisateur à l'ORTF de 1952 à 1974 et l'un des premiers occidentaux à faire connaître, en France, au travers de documents télévisés et d'écrits, des traditions spirituelles orientales telles que l'hindouisme, le bouddhisme tibétain, le Zen et le soufisme (mystique de l'Islam) d'Afghanistan. Devenu disciple de Swami Prajnanpad et de son enseignement de l'Adhyatma yoga.
Extrait du livre et analyse du poème :
La voie est extrêmement simple, elle peut paraître difficile parce que le mental, lui, n’est que complexité.
Mais la voie en elle-même, si le mental n’était pas empêtré dans ses contradictions et ne sécrétait pas sans arrêt des doutes, serait aisée.
Or, aussi étrange que cela puisse paraître pour nous qui sommes imprégnés de l’idée du libre arbitre et donc de celle du «choix » qui en découle, le grand facteur de complication du mental, c’est sa capacité à «choisir »
en fonction de ses opinions et conceptions subjectives enracinées dans l’inconscient. C’est pourquoi il est dit :
Il faut éviter de choisir. Cette formulation ne peut être que déroutante pour les Occidentaux modernes que nous sommes, imbus de leurs opinions, qui ont fondé leur existence sur un prétendu libre choix.